Poème

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la poésie est malade ?

faut tout faire péter
dynamiter ce mot usé
commencer par là
ne pas les écouter surtout ne pas les écouter continuer
se boucher les oreilles ou tout absorber
et après retour à l’envoyeur

dans un premier temps s’isoler retrait stratégique pour se désintoxiquer et préparer la saucée

aujourd’hui tout est vissé pour nier la personnalité
pour la piétiner la bafouer
& avec elle la différence l’excentrique l’imagination

le gosse en nous a été noyé la poésie est crevée elle a été ravagée
stérilisez la moindre pousse déprimez suicidez tout ça

à la place
de la conformité
le même uniforme pour toutes et tous

prête à consommer voici la même plâtrée pour toutes et tous fournie par les puissantes autorités commerciales familiales politiques publicitaires artistiques en vigueur

le but étant d’écraser et d’encrasser

parmi la clique qui écrase une bonne partie de nos chers écrivains et de nos chers artistes
avec pignon sur rue
et leur quincaillerie
et leurs soufflés inoffensifs s’étalant de partout ne célébrant que le confort
coquilles vides trop souvent

et tout le monde s’en tape car c’est bien pratique pour certains
que rien n’explose qu’on continue à étouffer

tout baigne boueuse poésie française elle sert à rien elle y peut rien elle reste dans son coin sans doute trop occupée à se gorger de petits fours comme toujours
à se caresser au sein du pays de la putasserie de l’occupation culturelle généralisée soigneusement organisée par l’état et les milices privées de l’art et de la pensée

on est cernés
les sujets qui fâchent ?
englués

la rance pays merveilleux de milieux du chacun dans sa case
on bouge pas on se reproduit entre complices du même milieu cloisonné ceux-là en ont tellement bavé pour arriver jusqu’en haut de l’échelle pourrie de la factice réussite sociale qu’ils se serrent qu’ils se tiennent bien au chaud planqués entre eux ces officiels

reproduisez votre littérature entre avortons à grosse tête à l’intérieur de votre cage dorée

n’encouragez surtout pas la piétaille à se révéler
à s’épanouir à détruire à s’organiser à aimer à documenter à inventer

les barreaux sont solidement gardés par les experts spécialistes les critiques professionnels la famille les flics les banques les mécènes les commissions les commissaires les ministères les universitaires bref
par ces indécrottables maîtres du monde maîtres des mots

bien trop nombreux sont les artistes qui s’affichent depuis leur hautain et stérile piédestal
personne d’autres qu’eux ne doit s’y mettre
car art et poésie doivent être réservés à l’élite rien qu’à eux et ça doit continuer comme ça

le reste vous avez qu’à regarder la télé et vos écrans
et les ratapoils avec leurs écrits leurs dessins leurs tentatives leurs musiques tarées
ratées leur ratatouille
qu’ils la ferment
définitivement
asphyxiés

car artiste c’est une profession c’est un réseau à construire
y’a des diplômes et des certificats pour ça
c’est une vraie profession
c’est pas pour tout le monde
c’est pour une classe spéciale admirable supérieure
c’est pour une caste case spéciale
& en Rance c’est la case qui est importante primordiale la case elle se mérite
faut bien se vider de tout son jus être bien mort bien emballé pour bien présenter ensuite en bon cadavre

qui trône alors et domine ?
le tout puissant et démoralisant sous-vide contemporain post-moderne

à nous de cesser de nous victimiser à nous de secouer à nous de nous encourager
et de lui régler son compte en créant sans cesse en jouant en joutant
en foutant le bordel la zone
tant qu’on pourra tant qu’on voudra

la poésie est malade ?
joie
qu’elle claque cette vieille peau !
pour qu’elle puisse renaître en chacun-e-s de nous

désertion subversion exaltation
excitation dynamitage révolution

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Patmo

I

II

III

IV

V

VI

VII

VIII

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Casseurs

trouvé dans une poubelle de 2014 :

 

aux commémorations

on assiste souvent à un défilé d’élus rassis en écharpe

déposant des gerbes aux côtés des anciens

déballage de beaux discours en faveur des résistants du passé

mais

lorsqu’il s’agit de soutenir ceux du présent

tout est mis en place pour les enfoncer

pour les mépriser

les emprisonner

laminer toutes formes de contestations

mutiler

gazer

contrôler et briser les opposants

les faire taire par tous les moyens

votre clique n’est que sinistre insulte

de votre bouche ne s’écoule

qu’un pus d’autosatisfaction

qu’un flot de mensonges

de certitudes

et de violences

on ne voit que vos gueules grises de mort

à travers les canaux télévisés que vous et vos amis dirigez

depuis vos palais de bling-bling

et de toc

votre but

vous maintenir coûte que coûte en place en hypnotisant les foules

et vous gaver continuellement de votre pouvoir politico-économique stérile

on étouffe

on ne veux plus de vous

ni de vos partis pourris

de vos banquiers

de vos agents immobiliers

de vos communicants

de vos publicitaires

de vos bétonneurs

de vos flics

de vos centrales

de vos multinationales

de votre union européenne du fric

les uns comme les autres

vous avez échoué en tout

vous avez beau accuser vos prédécesseurs et faire les malins

vous ferez pire

c’est écrit et vous le savez

vous continuez à la ramener par pure folie

vous continuerez à échouer

toute votre politique est vouée à l’échec

vous êtes l’échec radical

vous répandez l’insécurité

vous êtes des dangers publics

vous êtes la dette abyssale

vous accroissez le désert

vous êtes le chaos

les voyous

les racailles

vous êtes des terroristes

vous êtes la ruine

il suffit tout simplement pour cela d’en faire honnêtement le constat

regardez dans quel état vous avez mis ce pays

car jusqu’à présent nous vous avons cru

écoutant servilement les paroles sirupeuses

de nos maîtres véreux

leur confiant les clés de nos vies

alors que tous les jours il faut se bouger le cul

pour se sentir un peu libre et vivant

tout se réapproprier avec bonheur

et tout reconstruire

vous êtes une menace

vous avez tout salopé

et tout cassé

de véritables cas et casseurs sociaux

qui à présent doivent définitivement

se casser.

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Dégradations

Trouvé dans une poubelle de 2014:

 

l’état de non-droit dénature systématiquement tout

à commencer bien entendu par la nature

il est continuel déchaînement sourd méthodique

il donne des ordres

agresse

et tue

la république est abîmée par vos soins depuis trop longtemps

vous êtes l’abîme de la république

le gouffre français

vous avez échoué

vous êtes la dette

des boulets

vous coûtez trop cher en tout

vous ne servez à rien

et dans certains coins

l’on apprend très bien à se passer de vous

il n’y a pas d’autre solution

et force (du désordre) est de le constater

tout nous y conduit

les uns après les autres

vous coulez la république de votre béton étatique

vous gazez la république

vous tirez sur la république pour mieux la mutiler

qu’il est étonnant d’entendre encore et toujours

des irresponsables en appeler à la responsabilité

des indignes

à la dignité

et les destructeurs du socialisme

se revendiquer

sans honte du socialisme

l’état de non-droit dégénère sous nos yeux

se révèle dans toute sa superbe crispation télévisée

gesticulations d’élus pourris ayant pour seul but

l’accumulation de fric

et le maintien de leur pouvoir puant

ils empestent l’espace public

ils polluent l’espace public

ils enfument l’espace public

ils envoient les larbins casqués qu’ils ont acheté avec un salaire

frapper

matraquer leurs semblables

et dégrader l’espace public de leur présence et de leurs actes

l’état français est la dégradation de l’espace public même

aussi nous condamnons fermement les violences répétées des ministres

ces ministres qui sont justement

des dégradations.

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Le Salariat pue

Parution du livre, le salariat pue, publié aux Editions Caméras Animales. 10 euros.

http://www.camerasanimales.com/livre09.html

“10 ans à faire le put dans cette boîte. revenir sans cesse car le contrat signé pour du fric.

accoutumés à la servilité. dès votre naissance comme nous tous. on vous on nous forme. lentement. en profondeur. famille patrie école écrans produits obéir aux maîtres.

j’y vais. j’efface tout au long. plus de mémoire. se réduire à rien. ramper après l’ancienneté. s’enrayer. crâne ordinateur. déjà dans la démarche il y a l’humiliation. répéter les gestes. y aller c’est mourir. c’est se rendre. se rendre. accepter de perdre. se pendre un peu. on le sait. on connaît. l’humiliation et on y va étrange opération d’oppression. automutilation.

non je ne suis pas opérationnel et je ne serai jamais opé. je veux être l’erreur la panne le truc qui coince qui vous les brise secrètement qui est rance bien moisi la contre-performance même.”

L’éditeur :

Avec des mots simples, forts et violents, Beurk exprime l’insupportable du monde du travail vécu comme une forme de séquestration, de déchéance quotidienne et d’aliénation. Une violence, acceptée et légitimée par le corps social (pour lequel le travail salarié est une des choses les plus désirables), faite aux corps et aux vies : un emprisonnement.
Le salariat pue est un texte-catharsis, un cri en texte, souvent noté lors de moments volés sur le lieu de travail, et dans les tunnels de publicités des rames de transport bondées prises mécaniquement pendant des années, pour aller au travail et pour en repartir.

Presse :

 « Ces pages constituent, à peu de choses près, le catalogue de l’enfermement.
Il faut aussi lire sous le texte (car c’en est un) les raisons de cette curieuse soumission à l’idée de survivre à l’existence. Un peu comme qui entre dans le confessionnal en sachant bien que la faute n’est grande que parce qu’on accepte de la commettre.
« tout est à refaire » vs « en faire le moins possible »
La pratique de l’écriture, sur ces lieux ainsi désignés, et contre toute attente, ouvre des brèches dans ce magma d’ordures et d’humiliations. »
Patrick Cintas, RAL,M, 22 avril 2018

 « Un cri de haine contre le système salariat, écrit dans une langue crue, froide, sans fioritures. »
Fabrice Trochet, Mauvaisenouvelle.fr, 15 avril 2018

 « Après toutes ces années, j’ai senti que j’arrivais à bout. »
« Le livre a été écrit dans le métro, matin et soir, au travail, aux toilettes, pendant les réunions, les pauses, les moments arrachés à l’ennui, la nuit durant les insomnies. Lorsque la tête commençait à éclater. L’estomac à brûler. »
« Rendre les coups. Tenter de. Respirer. Plutôt que de se suicider. »
“Making-of” de Beurk à propos de son livre, D-Fiction, 12 mars 2018

 « Des mots qui font face aux maux, des cris sourds qui témoignent sociologiquement de ce qui peut animer certains zadistes, altermondialistes, marginaux, punks-à-chiens, ou tout bonnement ces gens qui haïssent leurs collègues. »
« Beurk n’arrive plus à sourire. Ses rêves n’existent plus. Il est broyé par la Machine (pensons au premier volet de Matrix), sans doute destiné comme d’autres à être un jour recyclés. Le contenu est donc noir, très déprimant. On a connu des employés mal en point. Là, on dépasse la jauge. »
Sylvain Nicolino, Obskuremag.net, 9 mars 2018

 « Le salariat pue ne raconte pas tout cela. Il le crie. La littérature n’est pas faite pour tisser de belles histoires. Elle pose des bombes à retardement, elle dégoupille des grenades à fragmentations. Beurk lui assigne un seul but : détruire l’ignominie de l’exploitation libérale. »
« Une vingtaine de textes. Pas besoin de plus. Vingt constats définitifs. Vingt condamnations à mort. Un guide pratique de non-compromission. »
André Murcie, PIAI!, février 2018

 « Ruez-vous sur le livre de Beurk, Le salariat pue, Caméras animales. »
Livre de la semaine sur Libr-critique + parution de deux extraits.
Fabrice Thumerel, Libr-critique, 4 et 25 février 2018

 « Ces deux textes sont comme deux « TRACTS » qui pourraient provenir d’un syndicat Acéphale dont les membres les plus actifs seraient Antonin Artaud, Sarah Kane, Joyce, H.D. Thoreau, François Richard, Guy Debord, Onuma Nemon, Mehdi Belhaj Kacem, Pierre Guyotat etc. »
« C’est brutal. Sauvage. Neuf. Vif. Vivant. »
« Deux textes qui s’embrassent et s’embrasent mutuellement sur l’urgence de faire entendre l’impérieuse nécessité de stopper le stupide process économico-social contemporain capitaliste dans lequel nos sociétés humaines sont empêtrées et crèvent à petit feu. »
Régis Nivelle, Lithoral.fr, 12 février 2018

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